Toute l'actualité du Hockey en France, par les fans pour les fans !
Bannière Fanseat

Actualités Division 2

Les choix de SIMONNEAU, capitaine des Ours de Villard de Lans

12705729_924848774279489_184740826485247489_n.jpg
Fin de saison pour les Ours ; le temps d'un portrait de son Capitaine.


Préambule : Ce portrait et l’ITW pour l’écrire ont été réalisés avant le match retour face à Amnéville.

L’un des personnages d’un roman de Flaubert, qui parle d’éducation et de sentiments, se prénomme Fréderic. Tout au long de sa vie il se nourrit de rêve. En échouant lamentablement car il reste un rêveur face à la réalité, incapable de passer les frontières qui délimitent, par exemple,  sa vie bourgeoise de sa vie artistique… Pierre-Antoine, lui, se trouve à des milliers d’années-lumière du « rêveur naïf. » Si j’écrivais un roman sur le « savoir vouloir réussir ses rêves » c’est de Pierre-Antoine que naîtrait mon inspiration. Inspirant. Oui il l’est.
Lorsqu’il vient au monde pour sa première bouffée d’air vrai, aîné d’une fratrie qui comptera un garçon et trois filles, Pierre-Antoine a, sur lui posé, le regard aimant de parents comblés. Très vite, ses sœurs se plieront assez aisément à ses « vouloirs. » Son enfance se niche à Nantes où son père Didier  joue au football. Poste défenseur en D4. C’est un peu naturellement que le jeune garçon se retrouve à taper dans le ballon, entre deux shootings photo pour une célèbre marque de vêtements pour enfants c’est un beau gosse qui accroche la Lumière… Il aime aussi le hockey sur glace et le poste de gardien de but. C’est un minot. Il est âgé de six ans mais le jour où, lors d’un match contre Angers le jeune portier encaisse 21 buts il balance sa crosse et tutti quanti puis déclare «  je ne ferai plus jamais gardien. » La sémantique donne sens. Le môme ne dit pas « je ne jouerai plus comme gardien mais je ne FERAI plus gardien. » Pilou ne joue pas il vit ses matchs. Et d’ajouter « contre Angers,  lors de ce match, c’est mon pote Julien ALBERT qui m’a planté presque tous les buts. Aujourd’hui il est capitaine de l’équipe d’Angers. » Simonneau sourit. Je n’ai presque plus rien à quémander pour mon interview. Dans son sourire il écarquille les mots non-dits, les raisons disséminées de cette carrière qui l’a guidé jusqu’à Villard de Lans. Non sans détours. Pierre-Antoine dit « Pilou » se souvient de ce rêve lancinant qui le conduit à s’éprendre du Canada. Jouer au hockey sur glace, là-bas, au pays des grands lanceurs de rondelles participe de sa construction personnelle. Jusqu’en Cadets Elite il reste à Nantes. C’est Isabelle, sa maman, qui souvent le conduit aux entraînements. Son père fait bouillir la marmite et la famille réhabilite un vieux manoir où étages, coins et recoins font autant d’attelages pour mettre en route ses rêves.
« A 16 ans je suis parti à Sherbrook où je suis resté un an. Mes parents se sont mobilisés et ont convaincus un ami afin de financer ce rêve. J’aime bien la devise « si tu veux vivre tes rêves réveilles-toi. » A Sherbrook ce fut un réveil brutal quand tu te retrouves seul loin de ta famille et dans un vestiaire où tout le monde parle avec un accent que tu ne comprends pas faut s’accrocher. Moi j’ai eu la chance de rencontrer André et Nathalie Dupuis. Grâce à eux je me suis retrouvé dans MA famille. D’ailleurs, demander, presque 20 ans plus tard à André d’être le parrain de ma fille ce n’est pas anodin. »
J’ai droit à un nouveau sourire. Et à des billes pour mon papier ! Bigarreaux colorés, Pilou n’aime pas faire étalage de son talent. Mais je connais son tendon d’Achille alors je fais le clown, celle qui ne sait rien.
Pierre-Antoine peut revendiquer un titre de champion de France Juniors,  une Coupe de la Ligue en Magnus et quelques années en Equipe de France – sept ans -, plusieurs participations en Junior aux championnats du monde du groupe B et deux titres de vices champions du Monde Juniors avec les gars de l’EDF. Après le Canada c’est  un petit peu de Suisse sans dérogation accordée pour rester. Retour à la case France. Et passage par la Ligue Magnus avec Angers où Pilou retrouve Julien ALBERT. Pierre-Antoine , âgé de 18 ans, ne peut guère écrire l’histoire du Club  sur ses patins. « J’ai connu les joies du banc, ces moments que connaissent tous les juniors qui sont sur la feuille de match d’une Magnus. » Sans jeu de mots il poursuit « à posteriori c’est formateur. En faisant du banc on apprend beaucoup. C’est comme à la piscine, même si on se débrouille pour nager on ne va pas dans le grand bain manger  cinquante longueurs tout de suite. Moi c’est Ari SALO qui m’a plongé dans le grand bain. J’avais 19 ans et il m’a ouvert la porte d’une troisième ligne de Magnus. »  D’Angers à Mont Blanc il n’y a qu’un court trajet pour celui qui veut vivre de sa passion. Et Pilou de me la faire à la Pérec  « je me souviens de mon premier salaire à Mont Blanc ! J’étais logé et quand j’ai reçu ma paie j’étais presque gêné d’être payé. J’ai compris que j’avais atteint mon objectif. Le hockey sur glace était devenu mon job ! »
Pierre-Antoine devient alors hockeyeur professionnel et il va là où il peut encore progresser au plan des titres. A 23 ans il revient  vers Angers « car le club visait le top 4 ; puis Angers cela me rapprochait de ma famille. »
Il manque aux siens et inversement. Le gentil Pilou traîne cette réputation de gentillesse « je crois avoir toujours été gentil sans forcer quoique ce soit. Parfois, de temps en temps, je regrette de l’avoir été trop. Je fuyais les conflits. Sauf que maintenant entrer en conflit ne me gêne pas plus que de dire non. Devenir père m’a fait évoluer dans ce sens. »
Ah ! Me voilà rassurée, moi qui avais entendu de jeunes joueurs villardiens, benjamins dire que sa saison chez les Brûleurs de Loups avait changé Pilou et qu’il était devenu plus sévère. Rien à voir. Quoique passer par la méthode Martel… mais n’avançons pas trop vite. Revenons à BARIN qui propose Villard à Pilou. « J’ai dit oui car au plan sportif il me proposait plus de responsabilités. Jouer sur le PP et sur la 1ère ou 2ème ligne. Ce n’est pas l’aspect financier qui m’a fait quitter Angers pour Villard mais bel et bien ma place dans l’équipe. »
Cette arrivée correspond avec l’une des plus grandes erreurs de jugement de ma vie. Même si la journaliste doit prendre le pas sur l’ affect. Faut que j’avoue. Un jour Alice, ma fille me dit qu’elle est amoureuse d’un hockeyeur qui vient d’Angers mais est originaire de Nantes. Je hurle, supplie,  la mets en garde contre les dangers d’aimer un hockeyeur. Une fille dans chaque patinoire. Et il est de Nantes en plus ! Sûrement du sang marin ! Rien n’y fait. Alice et Pilou tricotent le grand amour et filent une belle histoire. J’avais tort et c’est bon ce tort-là.
Pédagogue pour un temps, Pilou apprend les enfants, leurs dispositions d’esprit « voir progresser les mômes que j’entraînais est difficilement descriptible. J’observais leurs avancées techniques mais aussi comportementales et je me disais que je pouvais les aider, à mon niveau,  à devenir des adultes bien dans leur tête. C’est ce qui m’a beaucoup manqué à Grenoble. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui j’aime être entraîneur. »
Oui l’histoire est tissée d’allers et retours. Angers puis Angers, Villard puis Villard. Entre-temps Grenoble. Car, faute de sponsor, Les Ours descendent en D2 en dépit d’une belle saison. « La décision de partir à Grenoble a été facile à prendre puisque Villard descendait. Sinon cela aurait été très très compliqué dans ma tête. Ce qui aurait fait pencher la balance est le fait de gagner des titres. D’ailleurs, en Magnus c’est avec les Brûleurs de Loups que j’ai inscrit la Coupe de la Ligue à mon C.V. »
Je lui pose alors mes deux ou trois questions basiques. S’il était un signe de ponctuation ? Des points de suspension. Qui aurait-il aimé être ? Etonnant Pierre-Antoine qui me répond « moi-même. Je suis bien avec ma vie, mes choix. Je vis là où je veux vivre avec la femme de ma vie, la mère de ma fille Lisa. J’ai une stabilité géographique, financière. Je coach des jeunes. Et je vis du hockey  ma passion ! Exactement mon rêve. »
Il en terminerait bien là-dessus Simonneau. Je me glisse, insistante, sur ce qui l’a le plus marqué dans sa carrière.  « Martel ! » Le nom n’attendait qu’une éruption pour devenir éructation. «  Il m’a impressionné par sa capacité à tout sacrifier pour gagner un match. Y compris se faire couper son propre bras si cela l’avait mené à la victoire. » Puisque l’on parle de Grenoble je lui demande si je peux (enfin !) évoquer ces appels du staff grenoblois, juste après le match de Coupe de France, en octobre 2015. Pilou balaie cela d’un revers de main « Il voulait ( Dufour NDLR)  que je revienne jouer avec les BDL. J’ai dit non une fois. Puis deux. Il y a eu une troisième demande… Le Club de Villard m’a laissé totalement libre de mon choix. Dans ma tête il n’y avait pas d’ambiguïté. Mon avenir proche c’est de me concentrer sur mes diplômes d’entraîneur de trouver les bonnes méthodes de coaching pour les équipes dont j’ai la responsabilité tout en continuant à me faire plaisir comme joueur avec la D2 ! »
Pilou ajoute « je ne suis pas un grand parleur. Quand on parle trop au bout d’un moment plus personne n’écoute. Je préfère m’investir à 100% sur la glace. » En guise de conclusion ces mots seront ceux  de Jess sa belle-sœur qui, au quotidien, combat un cancer : « Si je dois résumer qui est Pilou je donnerai  l’exemple du « J » rose qu’il a peint sur son casque pour Pink in the Rink. Une vraie surprise.  Même Alice ne savait rien.  Son message c’était « je ne me mets pas en avant mais je pense fort à toi et mon moyen de t’aider à tenir le coup c’est le sport. Alors quand je m’entraîne ou quand je suis en match je pense à toi. » Voilà c’est Pilou. »

Léonie Camay
 

Nous suivre

Logo Facebook
Logo Twitter
Logo Youtube

Classement Division 2

Pos
Equipe
Poule
Pts
Mj
Aucun Classement

Statistiques Division 2

Pos
Joueur
Mj
Bm
Ass
Pts
Aucune Statistique

Rencontres Division 2

Type
Date
Dom
Ext
Aucune date

Résultats Division 2

Type
Date
Dom
Res
Ext
Aucun résultat